Contribution de Brice : Motion pour un service public de l'eau.

suggestionSur ce blog, nous mettons en ligne vos idées. N’oubliez pas que vous
pouvez nous les soumettre par mail. Après avoir vérifié qu’elles sont
bien pertinentes et qu’elles concernent l’ensemble de la ville, nous la
publions sur ces pages.

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le texte que Brice nous a envoyé.

 

Le sujet est certes polémique, mais s’inscrit de manière tout à fait cohérente dans le cadre du développement durable, avec tous les arguments qui vont avec. Bien sûr, Eau et Force est un contributeur pour le journal Mosaique (page 1), mais l’entreprise n’en pratique pas moins des prix abusifs, dénoncés par nombre d’élus, d’associations et de citoyens.
Je réitère donc ma proposition citée dans les messages du blog.

« La préservation des ressources en eau et son corollaire inévitable qui est la passage en régie publique de la distribution, doivent être abordés dans l’Agenda 21.

Les questions :

D’un point de vue éthique, est il normal qu’une ressource aussi précieuse que l’eau puisse être laissée aux mains de multinationales dont le but est d’en facturer beaucoup, et au prix le plus élevé ?

Est il normal de constater que le rendement des canalisations soit de 86% au niveau des 10 communes de notre syndicat des eaux (14% de l’eau pompée et produite est perdue en fuites) alors que ce rendement est de 90% en moyenne dans les grandes villes, et même de 96% à Paris ?

Les idées :

Le maintien d’une régie privée est une aberration sociale .Les prix de l’eau sont très surévalués, ce qui pénalise les plus fragiles. Avec, à Colombes, un prix moyen au m3 de 3.86 €, notre eau est notoirement surfacturée. Pour rappel, le prix moyen pratiqué par les délégataires privés des grandes villes est de 3.50 €/m3. Le prix moyen en France est de 3.00 €. Et ceci quand la future délégation publique de la ville de Paris devrait fixer ses taux à 2.80 €/m3. L’économie pour un ménage pourrait dans ces conditions dépasser les 100€ par an.

C’est une aberration économique, car dans le cadre du partenariat sur l’eau entre le public et le privé, le délégataire perçoit le paiement de l’ensemble de la facture d’eau, alors que seuls 20% environ du montant lui en revient. Et que les délais de réimputation des recettes vers les caisses publiques (lutte contre la pollution, collecte et traitement des eaux usés – fonctions assurées par l’Etat) prend en moyenne 6 à 9 mois.

C’est une aberration écologique, car le taux de fuite cité ci-dessus est une honte, faute d’investissements cohérents dans le maintien en l’état des canalisations. Les crédits d’amortissement du réseau sont pourtant inclus dans nos factures…

La reprise en main par la collectivité permettrait ainsi de diriger des politiques ciblées afin de préserver la ressource, pratiquer des tarifs sociaux sur ce bien essentiel à la Vie et rendre le contrôle de ses recettes à l’Etat. Manifestement, à bien des égards, la délégation au privé ne remplit pas ce rôle et celà doit être sanctionné. »

Commentaires

4 réflexions au sujet de « Contribution de Brice : Motion pour un service public de l'eau. »

  1. Ahmed Beribeche

    Brice,
    Lorsque vous évoquez la question des fuites, il s’agit bien de plomberie?
    La ville de Colombes a-t-elle envie de se voir confier une telle responsabilité? Mais savoir que le coût du m3 à Paris est d’un euro moindre, cela fait réflechir.Plus de pouvoir d’achat, ce ne sont pas les colombiens qui diront non.
    Je ne paie pas l’eau directement,je ne me rendais pas compte des enjeux . Alors OUI, je soutiens votre idée. Que la ville prenne ses responsabilités, elle a mis le développement durable au coeur de son programme politique. Mr Sarre a donc 5 années pour mettre en place cette REGIE.

  2. Brice

    Ahmed,
    Ce n’est pas si simple. M. Sarre n’est pas seul dans l’affaire puisque nous sommes dans un syndicat des eaux avec 10 autres communes. Ce qu’il peut faire, c’est prendre position, ou envoyer un mandat clair de la part du conseil municipal pour le passage en régie publique du syndicat.
    Les maires de Nanterre, de Gennevilliers et d’Asnières se sont déjà prononcés de manière ferme. Si Colombes entre dans la balance (et on se bat pour), le rapport de force devient très tendu pour Suez… Même s’il reste six communes amorphes (Courbevoie, Suresnes, Villeneuve la Garenne, Rueil, La Garenne et Bois-Colombes), et que les nombre d’élus au sein du syndic pour la régie publique reste minoritaire, la majorité de la population, représentée par des élus des 4 communes pré-citées sur l’ensemble du syndic, est pour.
    C’est très politique. Mais la bataille ne fait que commencer, le contrat qui lie Eau-et-Force/Suez prend fin en 2015. Ca nous laisse tout le temps de nous organiser ;).
    D’ailleurs, il est fort possible que nous organisions prochainement une réunion publique sur le sujet avec quelques spécialistes.
    Sinon, il est possible de sortir du syndicat, mais le coût de la bataille judiciaire qui est systématiquement lancée par Suez (et les autres : Véolia et la SAUR (Gpe Bouygues)) contre les élus indociles, des canalisations à racheter au syndicat, le reclassement des salariés rendent cette option très peu rentable et politiquement très délicate.

  3. Ahmed Beribeche

    je n’imaginais pas à quel point les villes de la boucle nord étaient poings et mains liés à ce contrat avec Suez.
    Il y a un livre ( que je n’ai pas lu) qui traite des relations entre les compagnies des eaux et la capital. On y parle magouille et compagnie.
    Si en plus, il faut obtenir l’accord de villes ayant des profils politiques différents, ce ne sera pas facile.
    Alors, qu’est-ce qui vous permet d’ésperez pour l’avenir? Y a-t-il une chance que votre idée aboutisse ? Pourquoi et comment?
    Vous évoquez une réunion d’information, c’est bien mais concrètement quelle chance avons-nous?
    Merci d’avance.

  4. Brice

    Tous les espoirs sont permis…
    Aujourd’hui 11 décembre, le SEDIF (syndicat des eaux d’Ile de France) qui représente 144 communes de la région, est en discussion pour savoir si le contrat qui le lie à Véolia doit être reconduit ou pas. La fronde met actuellement en bascule le président du SEDIF, le plus célèbre comique du Sénat : M. André Santini.
    Je n’ai pas encore les résultats de la réunion, mais je les posterai ici. Nous sommes en contact avec un collectif francilien.
    De plus, la ville de Paris vient tout juste de repasser en régie publique sur tout son territoire après une délégation de 25 ans (l’ère Chirac…) à Suez et Véolia.
    Nous, nous dépendons su SEPG (Syndicat des Eaux de la Presqu’ile de Gennevilliers)et nous sommes liés à Suez. Comme je le disais, 3 communes sont d’ores et déjà prêtes à retourner en régie. Il faut se battre pour Colombes, mais avec cette nouvelle majorité, nous avons de sérieux espoirs.
    Reste jusqu’à 2015 à convaincre des élus des autres communes…
    Je maintiens, rien n’est perdu. Si les mandataires colombiens du syndicat se joignent à ceux qui se battent déjà (Nanterre et Gennevilliers, qui sont déjà à la pointe du combat… avec Asnières), celà peut faire effet boule de neige.
    D’ailleurs, nous avons jusqu’à 2015, donc… tout le temps pour nous organiser.
    On se battra… Je n’ai jamais connu une cause qui méritait un combat aussi juste. RIEN ne justifie le maintien de Suez, compte tenu des travaux sur le réseau insuffisants et des surfacturations aberrantes. Nous avons à faire à un capitalisme aussi puant qu’arrogant dans ses méthodes. Il est temps que ça cesse.
    Moi, j’y crois.

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